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Comment détecter un x-rayeur avec CoreProtect
Un joueur rentre avec trois stacks de diamants après une soirée. Vous soupçonnez le x-ray. Deux réflexes se présentent — bannir à l'intuition, ou faire confiance à un compteur de minerais — et ils sont mauvais tous les deux. Voici une méthode qui tient, avec les logs que votre serveur enregistre déjà.
Ce que vous cherchez à prouver n'est pas ce que vous croyez
Le réflexe est de vouloir démontrer qu'un joueur a trouvé trop de minerai. C'est une impasse : la chance existe, les grottes existent, et un bon mineur qui connaît les bonnes couches existe aussi. Un total élevé n'est jamais une preuve, seulement un motif d'ouvrir le dossier.
Ce que vous cherchez réellement à établir est différent :
Le joueur s'est-il dirigé vers quelque chose qu'il ne pouvait pas voir ?
La quantité récoltée est un indice. La trajectoire est une preuve. Toute la méthode ci-dessous consiste à passer de l'une à l'autre.
Avant de commencer : vérifiez votre rétention
CoreProtect purge automatiquement les vieilles données selon la durée configurée dans son config.yml. Si votre rétention est de 7 jours, aucune commande ne vous rendra le mois dernier. Vérifiez cette valeur avant de promettre une enquête à votre équipe — et si vous modérez sérieusement, montez-la : c'est la seule mémoire dont vous disposez.
Étape 1 — Compter le minerai et la roche séparément
L'erreur classique est de regarder le nombre de diamants seul. Ce nombre ne veut rien dire sans son dénominateur : combien de roche le joueur a-t-il dû casser pour les atteindre ?
Le hashtag #count évite de faire défiler des pages de résultats et renvoie directement un total :
Le minerai récupéré
/co lookup u:Pseudo a:-block t:7d i:diamond_ore,deepslate_diamond_ore #count
La roche cassée sur la même période
/co lookup u:Pseudo a:-block t:7d i:stone,deepslate,tuff,andesite,diorite,granite #count
Quelques rappels de syntaxe utiles : a:-block ne retient que les blocs cassés (a:+block = posés) ; i: filtre sur une liste de blocs ; t:7d accepte des formes combinées comme t:5d2h ; r:#global étend la recherche à tous les mondes.
Aucun ratio universel n'existe : il dépend de votre version, de vos générations de monde, de vos plugins et des habitudes de votre communauté. Construisez votre référence sur votre propre serveur — passez les mêmes deux commandes sur trois ou quatre joueurs réguliers et de confiance, sur la même période. C'est cette base de comparaison qui a du sens, pas un chiffre trouvé en ligne.
Étape 2 — Lire la composition, pas seulement le total
Le détail de ce qui a été cassé raconte souvent plus que les totaux :
- Beaucoup de roche, sur une couche unique, en continu → profil de strip-mining classique. Le joueur creuse à l'aveugle, c'est cohérent.
- Peu de roche, du minerai varié, sur des hauteurs très différentes → le joueur ne creusait pas pour avancer ; il se déplaçait dans du vide existant. Grotte probable — ou x-ray.
- De la roche par petites salves séparées, chacune suivie d'un minerai → c'est le motif le plus intéressant. Creuser un peu, trouver, creuser un peu, trouver : ça n'arrive pas à l'aveugle avec cette régularité.
Étape 3 — Reconstituer la trajectoire
Point technique que beaucoup ignorent : CoreProtect n'enregistre pas les déplacements des joueurs. Mais il enregistre les coordonnées et l'horodatage de chaque bloc cassé — et cette suite de points, remise dans l'ordre, est une trajectoire, échantillonnée à chaque coup de pioche.
C'est là que se trouvent les signaux qui ne s'expliquent pas par la chance :
- Le détour puis le retour. Un couloir rectiligne, un écart net vers un filon précis, puis un retour exactement dans l'axe du couloir. Un mineur à l'aveugle qui tombe sur du minerai n'a aucune raison de reprendre son axe au bloc près.
- La descente qui s'arrête pile. Un puits vertical qui cesse exactement à la hauteur d'un filon, sans un bloc de trop.
- Le virage anticipé. Un changement de direction amorcé avant que le minerai ne soit visible depuis la position du joueur.
- L'absence de galeries mortes. Un vrai mineur creuse beaucoup pour rien. Une suite de sessions sans le moindre tunnel improductif est anormale.
Cherchez aussi les tunnels qui frôlent du minerai sans le prendre. Un couloir qui passe à deux blocs d'un filon de diamants laissé intact est un argument sérieux en faveur du joueur : il ne l'a pas vu. Une enquête honnête cherche ces éléments-là aussi.
La limite pratique : lire tout cela dans le chat, page par page, reste faisable sur quelques dizaines de blocs. Au-delà de quelques centaines, sur plusieurs joueurs et plusieurs semaines, ce n'est plus tenable à la main — c'est précisément le travail qu'un outil doit faire à votre place.
Étape 4 — Inspecter le décor autour d'une prise
Relevez les coordonnées d'un des minerais, rendez-vous sur place, et activez l'inspecteur :
/co inspect
Chaque clic sur un bloc affiche son historique. La question à trancher est toujours la même : le minerai touchait-il de l'air déjà présent ? S'il était bordé d'une cavité naturelle, il était visible par n'importe qui. S'il était enfermé dans de la roche pleine, il ne l'était pas.
Pour un aperçu rapide de ce qui s'est passé autour de vous :
/co near
Équivalent d'un lookup dans un rayon de 5 blocs. Pratique une fois sur zone.
Les fausses preuves à écarter
| Ce qu'on retient souvent | Pourquoi ça ne prouve rien |
|---|---|
| « Il a un pourcentage de minerai énorme » | Un joueur qui ramasse du minerai déjà à nu en grotte produit exactement cette signature sans jamais tricher. |
| Le suivre en vanish | Coûte des heures, et un tricheur prudent ne creuse pas droit sur commande. Une session « propre » observée ne l'innocente pas, une session bizarre ne le condamne pas. |
| Une soirée exceptionnelle | La variance est réelle. Une seule session chanceuse ne se distingue pas statistiquement d'une session guidée. |
| « Il est allé droit aux diamants » | À vérifier sur la carte : les couches profitables sont connues de tous. Aller à la bonne hauteur n'est pas tricher. |
Le cas particulier des minerais-pièges
Enterrer des minerais artificiels totalement isolés, puis surveiller qui les casse, reste une technique valable. Deux conditions strictes : le bloc doit être réellement invisible (entouré de roche pleine, jamais au bord d'une grotte), et suffisamment isolé pour ne pas pouvoir être trouvé par hasard en creusant. Un piège mal placé produit des accusations injustes.
Avant de sanctionner
Un faux positif ne coûte pas qu'un joueur : il coûte la confiance de ceux qui le connaissent, et ce genre d'histoire circule vite. À l'inverse, laisser filer un tricheur avéré démotive ceux qui jouent honnêtement.
D'où la règle de bon sens : un score, un compteur ou une alerte servent à décider quoi regarder, jamais à décider d'une sanction. La décision revient à un humain qui a ouvert le dossier, croisé au moins deux signaux indépendants, et vérifié le décor sur place.
La checklist
- Vérifier la rétention CoreProtect avant tout.
- Compter minerai et roche séparément avec
#count. - Comparer à vos propres joueurs de confiance, pas à un seuil trouvé en ligne.
- Regarder la composition et la répartition en hauteur, pas que les totaux.
- Chercher les motifs de trajectoire : détour-retour, descente qui s'arrête pile, virage anticipé.
- Chercher aussi ce qui disculpe : du minerai frôlé et laissé intact.
- Inspecter le décor : le minerai touchait-il de l'air pré-existant ?
- Décider en humain, sur au moins deux signaux indépendants.
Automatiser les étapes 1 à 3
TunnelVision relit votre historique CoreProtect, reconstruit les sessions de minage joueur par joueur et mesure exactement ces motifs de trajectoire — détours entre filons, virages vers un filon encore invisible, rendement rapporté aux blocs réellement creusés. Les sessions en grotte et la récolte de surface sont écartées en amont. Vous recevez une liste triée avec, pour chaque session, les indicateurs qui expliquent son score — et c'est vous qui décidez.